Jardin

Gourmands de tomates : faut-il les tailler ou les conduire sur deux tiges ?

Par Caroline Martinez 13 septembre 2026 7 min de lecture

Gourmands tomates sur plant, tige axillaire visible et taillage

Les gourmands de tomates ne sont pas des pousses à supprimer systématiquement. Ils peuvent porter des fleurs et des fruits, mais aussi épaissir le plant, compliquer le tuteurage et ralentir le séchage du feuillage. Le bon choix dépend de la variété, de l’espace disponible, du mode de culture et du climat.

Reconnaître un gourmand sans couper la mauvaise tige

Un gourmand est une tige axillaire. Il apparaît dans l’angle formé entre la tige principale et le pétiole d’une feuille, appelé aisselle de la feuille. Au début, il ressemble à une petite pousse feuillue. S’il reste en place, il devient une branche secondaire capable de produire ses propres bouquets de fleurs, puis des tomates.

Gourmands tomates : schéma pour reconnaître le gourmand à l’aisselle d’une feuille
Gourmands tomates : schéma pour reconnaître le gourmand à l’aisselle d’une feuille

Ne le confondez pas avec un bouquet floral. Le bouquet part directement de la tige et porte rapidement plusieurs boutons. Il ne développe pas les feuilles régulières d’une nouvelle tige. La tige principale, elle, poursuit sa croissance vers le haut. Une erreur fréquente consiste à couper cette tête de croissance ou un bouquet en pensant retirer un gourmand. Observez donc la présence de feuilles avant d’intervenir.

Le test visuel le plus simple

Suivez une feuille jusqu’à son point d’attache sur la tige. Si une pousse se développe précisément dans ce creux, c’est un gourmand. Lorsqu’il est encore court et tendre, il se pince facilement entre deux doigts. Plus vous attendez, plus il devient épais et plus sa suppression laisse une plaie importante.

Tailler ou conserver les gourmands : les effets de chaque choix

La taille n’augmente pas mécaniquement le rendement dans toutes les situations. Elle concentre surtout la vigueur du plant sur moins de tiges et rend la culture plus facile à suivre. À l’inverse, conserver des gourmands augmente le volume de végétation et peut produire davantage de fruits par plant, sans garantir une récolte supérieure au mètre carré lorsque les plants se concurrencent.

Conduite Atouts Points de vigilance
Une seule tige Palissage simple, fruits accessibles, feuillage plus aéré Taille régulière nécessaire ; chaque coupe crée une plaie potentielle
Deux ou trois tiges Bon compromis entre production, vigueur et occupation de l’espace Plusieurs liens sont nécessaires au tuteur, avec un suivi régulier des pousses
Sans taille Moins d’interventions, plante plus naturelle, davantage de ramifications fructifères Plant rapidement touffu, séchage plus lent, récolte et tuteurage moins simples

Pourquoi la taille peut être utile

Sur une tomate à croissance indéterminée, cultivée serrée ou sous abri, retirer une partie des gourmands améliore la circulation de l’air dans le feuillage. Les fruits sont plus faciles à repérer, les tiges se palissent plus proprement et l’humidité reste moins longtemps après l’arrosage ou la pluie. Cette aération aide à limiter les conditions favorables au mildiou et aux autres maladies cryptogamiques.

Avec moins de fruits à nourrir en même temps, les tomates restantes peuvent être légèrement plus grosses. Un écart de 10 à 20 % est parfois observé après la taille. Ce résultat dépend toutefois de la variété, de la fertilité du sol, de l’arrosage et de la météo. La taille n’est donc pas une règle universelle.

Pourquoi conserver certains gourmands

Un plant dont toutes les ramifications sont supprimées dépend d’une seule tige. Si celle-ci casse, frotte contre un support ou est abîmée pendant le palissage, une grande partie du potentiel de récolte disparaît. Conserver un gourmand bien placé comme seconde tige donne une architecture plus solide. Prévoyez alors un tuteur distinct, un lien souple et suffisamment de lumière entre les deux axes.

La conduite sur deux tiges convient aux jardiniers qui veulent limiter les interventions tout en gardant un plant facile à surveiller. Choisissez un gourmand vigoureux situé bas sur la plante, attachez-le progressivement, puis supprimez les pousses superflues sur chacune des deux tiges. Un gourmand développé, sain et déjà fleuri peut aussi être conservé plutôt que retiré en laissant une grosse plaie.

Adapter la taille à la variété, au pot et au climat

Avant de tailler, identifiez le type de croissance. Les tomates à croissance indéterminée continuent de s’allonger et produisent des bouquets au fil de la saison. Elles se prêtent à une conduite sur une, deux ou plusieurs tiges. Les variétés déterminées, ou buissonnantes, forment plus rapidement une structure finie, avec généralement 2 à 3 bouquets de fleurs avant l’inflorescence finale. Une taille sévère peut alors supprimer une partie de la récolte.

  • Tomates indéterminées : une à deux tiges offrent une conduite simple. Trois ou quatre tiges restent possibles si l’espace et le palissage suivent.
  • Tomates déterminées, naines et micro-naines : évitez la suppression systématique des gourmands. Retirez surtout les tiges malades, abîmées ou qui traînent au sol.
  • Tomates cerises : elles acceptent une structure plus ramifiée. Une conduite jusqu’à 7 ou 8 branches maximum est possible avec des supports solides et un feuillage suffisamment aéré.
  • Plants greffés et très vigoureux : ils peuvent être conduits sur 4 à 6 tiges, à condition d’être espacés et correctement tuteurés.

En pleine terre, une plantation tous les 30 à 40 cm peut convenir à des plants conduits sur 3 à 4 tiges, selon leur vigueur. En serre, où l’humidité doit être surveillée, une plantation tous les 40 cm avec une conduite sur 2 tiges facilite le passage et l’aération. En pot ou en bac, le volume de substrat et la stabilité du tuteur incitent généralement à rester sur une ou deux tiges.

Dans un climat humide, privilégiez une structure ouverte et retirez les feuilles ou les pousses qui touchent le sol. Dans un jardin chaud, ventilé et spacieux, vous pouvez conserver davantage de ramifications. Les plants destinés à la production de semences peuvent aussi être laissés plus libres, idéalement espacés d’environ 1 mètre.

Retirer un gourmand proprement, au bon moment

Intervenez tôt, dès que vous repérez la pousse, pendant une période sèche. La période de juin à septembre est souvent concernée, mais la météo compte davantage que le calendrier. Évitez de tailler sous la pluie, juste avant une période fraîche ou lorsque le feuillage est mouillé. Certains jardiniers choisissent le créneau entre midi et 14 h, lorsque les plaies peuvent sécher rapidement.

  1. Repérez le gourmand à l’aisselle de la feuille et vérifiez qu’il ne s’agit pas d’un bouquet floral.
  2. Pour une pousse jeune, maintenez la tige principale d’une main et pincez délicatement le gourmand de l’autre.
  3. Pour une tige d’environ 0,5 cm de diamètre ou plus, utilisez un petit sécateur propre et tranchant.
  4. Réalisez une coupe nette, sans écraser la tige ni arracher l’écorce.
  5. Si le plant présente des symptômes de maladie, éliminez les déchets de taille et nettoyez l’outil avant de passer à un autre pied.

Un gros gourmand oublié n’est pas forcément à supprimer immédiatement. S’il est sain, déjà fleuri et facile à tuteurer, vous pouvez le conserver comme seconde tige. En revanche, s’il encombre le centre du plant, frotte contre une autre tige ou maintient une zone humide, une coupe nette par temps sec reste préférable.

Organiser la saison pour une récolte plus saine

La meilleure conduite se construit par petites observations, pas par une taille massive. Passez chaque semaine devant vos plants : attachez les tiges au fur et à mesure, retirez les pousses basses qui touchent la terre et vérifiez que l’air circule entre les bouquets. Un arrosage au pied, plutôt que sur le feuillage, complète ce travail d’aération.

En fin de saison, lorsque les nouvelles fleurs ont peu de chances de donner des fruits mûrs, l’étêtage peut aider le plant à concentrer ses ressources sur les tomates déjà formées. Un conseil courant consiste à conserver la tête jusqu’à la mi-août, puis à adapter la décision au climat local et au nombre de fruits verts présents.

Pour trouver la méthode qui convient à votre jardin, comparez deux plants de même variété : conduisez l’un sur une tige et l’autre sur deux tiges. Notez la facilité de tuteurage, l’humidité au centre du feuillage, la date des premières tomates mûres et le volume récolté. Ce test fournit un repère concret, plus utile qu’une règle appliquée de la même façon à tous les gourmands.